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Les municipalités de Petit-Saguenay et L'Anse-Saint-Jean déposent un mémoire conjoint au BAPE sur GNL Québec

29 octobre 2020

GNL Québec propose de construire une usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie afin d'exporter le gaz naturel extrait dans l'Ouest canadien sur les marchés internationaux. Ce projet est présentement à l'étude aux audiences publiques du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Compte tenu des nombreux enjeux de la réalisation de ce projet pour les communautés et l'environnement du fjord du Saguenay, les municipalités de Petit-Saguenay et de L'Anse-Saint-Jean ont décidé de présenter un mémoire conjoint au BAPE.

Dans ce mémoire, les municipalités s'inquiètent de plusieurs aspects du projet. D'abord, elles anticipent les gaz à effet de serre qui seront générés par GNL Québec, de l'extraction à la consommation finale, en passant par l'usine de liquéfaction. Ce projet devrait augmenter les émissions de gaz à effet de serre du Québec, du Canada et des pays qui achèteront le gaz naturel liquéfié, ce qui va à l'encontre de la lutte au changement climatique.

Les municipalités s'inquiètent également de l'impact de l'augmentation du trafic maritime sur le rétablissement de la population du béluga du Saint-Laurent, une espèce en voie de disparation. Le bruit d'origine humaine est l'un des facteurs qui est soupçonné de contribuer au déclin du béluga. Si les soupçons des scientifiques sont avérés, le projet pourrait avoir un impact concret sur la survie à long terme de ce mammifère marin.

L'impact du projet de GNL Québec sur le paysage du fjord est aussi une source d'inquiétude pour les municipalités de Petit-Saguenay et de L'Anse-Saint-Jean. Les paysages peu altérés du fjord sont la principale carte de visite touristique de la région et il est important de les préserver le plus possible. La construction d'une usine de liquéfaction viendra irrémédiablement modifier l'aspect d'une partie du fjord.

Compte tenu de ces considérations, il y a un risque réel que le projet vienne affecter négativement l'industrie touristique de la région, une industrie qui est très importante pour les communautés de Petit-Saguenay et de L'Anse-Saint-Jean. Plusieurs composantes du projet tranchent avec l'image de marque de la région, qui invite les visiteurs à venir découvrir ses espaces naturels à perte de vue et goûter à la quiétude de ses milieux de vie.

Finalement, les municipalités se questionnent sur les retombées économiques concrètes du projet sur leur milieu. Il apparait évident que les retombées fisclaes du projet seront moindres que si les investisseurs n'étaient pas basés dans des paradis fiscaux. Les municipalités de Petit-Saguenay et de L'Anse-Saint-Jean auront quant à elles très peu de retombées économiques directes ou indirectes du projet et estiment que celles-ci pourraient être insuffisantes pour compenser les impacts négatifs au niveau économique et environnemental.

Pour ces raisons, les municipalités de Petit-Saguenay et de L'Anse-Saint-Jean posent les conditions suivantes pour que le projet soit acceptable à leurs yeux :

  1. Que le gouvernement du Québec présente une stratégie chiffrée pour compenser la hausse des émissions de gaz à effet de serre liée au projet
  2. Que des normes sévères en matière de bruit et de vitesse soient imposées pour la navigation sur le fjord et soient enchassées dans une loi ou un règlement
  3. Que des exigences soient imposées à l'entreprise au niveau architectural pour intégrer son site industriel à son environnement naturel
  4. Que des redevances soient exigées de l'entreprise pour les communautés du fjord et que ces redevances servent à la transition écologique de la région

En somme, dans leur mémoire, les municipalités demandent au gouvernement du Québec de respecter ses engagements par rapport à la lutte au changement climatique et de voir à ce que le projet de GNL Québec soit soumis aux plus hauts standards mondiaux en matière de développement durable.